Association des Bioingénieurs
Agro Louvain

FABI

Charte de l’ingénieur universitaire (Ir)

Cette charte a été publiée conjointement, le 2 décembre 1989, par la FABI (initiateur) et la KVIV, association sœur néerlandophone.

L’ingénieur et la société

La formation de l’ingénieur le destine à jouer un rôle particulièrement actif dans le progrès social au sens le plus large, dans le respect de l’homme et de son cadre de vie.

Face au progrès continuel, il est armé pour analyser les problèmes, y trouver des améliorations possibles et les mettre en œuvre, souvent en étroite collaboration avec des spécialistes de toutes les disciplines dont sa formation lui fait percevoir le rôle et l’importance.

Le métier d'ingénieur s'exerce dans des domaines très différents: recherche, bureaux d'études, conduite de chantiers, d'ateliers ou d'unités de production, services techniques gouvernementaux ou d'entreprises, enseignement, postes technico-commerciaux et fonctions de Conseil ou Expert, moyennant l'expérience requise.

Son apport peut être vital pour les pays dits "en voie de développement". La formation et l'expérience de l'ingénieur, découlant notamment de la variété des problèmes qu'il aborde, en font un candidat, parmi les meilleurs, pour les postes de direction, même pour des entreprises qui ne sont pas orientées principalement vers la technique.

Comme bien des problèmes impliquent de passer par le biais politique, l'ingénieur aura à cœur d'apporter sa contribution spécifique à la gestion de la Cité. L'ingénieur agira en collaboration avec les représentants d'autres disciplines pour mettre en lumière l'importance des cadres et les problèmes qui leur sont propres.

La formation de l’ingénieur

Cette formation comporte essentiellement deux années de sciences pures telles que mathématiques, physique, chimie ... et trois années d'applications de ces sciences à différents domaines techniques. Ces applications mettent l'accent sur la spécialité choisie tout en incluant une série de cours communs consacrés à ce qui est un peu le pain quotidien de tout qui œuvre dans le domaine technique. La formation théorique est doublée d'exercices pratiques, de visites et de stages.

Les cours de spécialité constituent à la fois une formation poussée, immédiatement utilisable, et une illustration de la manière d'appliquer les cours de sciences pures à un domaine déterminé. Ils préparent donc aussi l'ingénieur à innover d'autres applications. Il s'y ajoute quelques cours de base de formation plus générale tels que l'économie, le droit industriel, les sciences humaines. La connaissance des langues devrait, idéalement, être un acquis pré-universitaire. Les lacunes éventuelles doivent être comblées à l'université. La maîtrise du programme ci-dessus implique une méthode de travail efficace, une discipline personnelle et une gestion judicieuse de son temps. Ces exigences font partie intégrante de la formation d'ingénieur.

Au demeurant, tant pour rester efficace dans ses fonctions spécifiques d'ingénieur que pour faire face à des responsabilités plus larges, l'ingénieur veillera à sa formation continue.

L’ingénieur face à son employeur

Conscient du rôle que le progrès joue pour le bien-être social, l’ingénieur assumera toute fonction en véritable entrepreneur : rentabilité, sécurité, écologie, alimenteront son esprit créatif dans le cadre de la réalisation des objectifs fixés.

Il sera souvent bien placé pour favoriser des rapports humains harmonieux basés sur l’objectivité et la connaissance des comportements humains. L’ingénieur doit resté informé de tout ce qui peut affecter sa profession et, le cas échéant, propose à son employeur les moyens d’atteindre ce but (expositions, associations, séminaires, cours de formation continue … ).

L’employeur face à son ingénieur

Pour valoriser le potentiel de l’ingénieur, l’employeur lui laissera une zone d’autonomie aussi large que possible, compte tenu de sa position dans la hiérarchie.

Il lui fournira toutes les informations nécessaires pour que sa créativité puisse s’épanouir en tenant compte de l’interdépendance des différents services et de l’environnement de l’entreprise. Il mettra à sa disposition, dans une mesure raisonnable, les moyens de rester à jour pour tout ce qui peut affecter son travail et son avancement.

Il offrira à l’ingénieur une mobilité raisonnable pour élargir son expérience.

L’employeur et l’ingénieur face à l’avenir

La compétition qui résulte des progrès accomplis dans tous les domaines, tout en étant à la base de cette évolution, réclame le concours d'ingénieurs dont la formation suive le rythme du progrès. Les employeurs ont un intérêt vital à disposer de tels ingénieurs.

Des contacts réguliers entre industries et universités seront les garants d'une optimisation constante des programmes d'études et des investissements porteurs d'avenir. Tout ce que requiert la formation continue figurera parmi les objectifs prioritaires. Il est indispensable que l'ingénieur y investisse l'effort nécessaire et que son employeur y consacre temps et argent. L'effort d'adaptation ne peut être épisodique.

La participation active et le soutien financier aux associations d'ingénieurs contribuent à créer les contacts réguliers et les liens de camaraderie favorisant les échanges fructueux. Le progrès résulte d'un travail d'équipes. Il faut favoriser leur création et vouloir en être.